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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 13:08

Vu que les conditions météos sont loin d'être bonnes et que c'est plutôt parti pour s'empirer dans les jours qui suivent, Roland et moi optons pour une course de rocher à la journée. Notre choix s'arrête sur l'Arête des Papillons, une très belle voie classique ouverte en 1926 sur l'Aiguille du Peigne.

Vue sur les Aiguilles de Chamonix depuis la vallée. Le Peigne est au premier plan à droite de la photo et l'arête des Papillons est située sur son flanc droit.

Vue sur l'arête située sur la droite de la face. J'aurais bien voulu tracer l'itinéraire mais ce n'est pas évident de se repérer après coup dans ce tas de cailloux noirs...

Il est à peine 7 heures quand le téléphérique de l'Aiguille du Midi nous vomit non loin du pied de l'Aiguille du Peigne. Eh oui, je dois l'avouer : j'ai succombé au confort de ces maudits téléphériques...mais je continue de penser que ces trucs là non rien à faire en montagne, qu'il ne faut surtout pas en construire de nouveaux et qu'il ne serait même pas plus mal de détruire ceux qui existent déjà. Après il faut bien reconnaître que ces engins ouvrent des perspectives très alléchantes pour les alpinistes : il aurait été impossible de faire cette course dans la journée sans le téléphérique et vu la météo nous n'aurions pas pu la faire du tout. Bon donc c'est dit, j'y ai goûté et j'ai récidivé plusieurs fois pendant ce séjour à Chamonix, j'ai eu honte mais le cartilage de mes genoux a apprécié...

Bon donc reprenons : à peine sortis de la benne il se met à pleuvoir. Nous trouvons refuge sous un gros bloc dans le chaos au pied de l'Aiguille du Peigne. L'affaire semble mal engagée, on se demande si on ne va pas être obligé de renoncer quand le ciel se dégage enfin.

Roland dans la première longueur. Il n'a pas choisi le plus facile en prenant près du fil de l'arête. Deux autres cordées viennent d'arriver et en prenant plus à gauche dans des blocs faciles ils vont commencer à nous rattraper.

Belle ambiance de haute montagne. Du côté de l'Aiguille du Midi, des séracs craquent régulièrement  dans un grondement sourd...

Un grimpeur d'une des autres cordées dans la première difficulté : une fissure large à coincement plutôt mal commode en chaussons.

Photo Roland V.

Il y a très peu d'équipement en place mais le rocher est excellent et très bien fissuré, c'est le paradis des friends !


Un peu plus haut...Cordées et cordes s'entrecroisent, c'est la course...

Photo Roland V.
Un relais bien confort...

Roland juste au dessus du premier pas de Vsup de la voie. Nous sommes arrivés à quatre cordées à peu près en même temps sur ce passage. Cette escalade commençait à ressembler à une course automobile, on a donc décidé de laisser passer tout le monde devant pour être plus tranquille.

Photo Roland V.
Une cordée sur la troisième tour, en contrebas du passage de la boite aux lettres.

Photo Roland V.


Enfin derniers, nous profitons d'un peu de tranquillité mais ça ne va pas durer...

Nous devons repasser devant une cordée de couple dont la jeune fille est en train de craquer : emmener sa petite amie non expérimentée en montagne peut réserver des moments épiques !...

Le relais dans la boite aux lettres. Ca bouchonne à nouveau, on commence à regretter amèrement d'avoir laissé passer tout le monde devant...



Roland dans le Vsup athlétique qui fait suite au passage de la boite aux lettres. En haut de cette longueur on trouve un relais sur deux spits (fort heureusement les seuls de cette voie) parfaitement inutile puisqu'il est situé à proximité de plusieurs très bons becquets. Si les spits peuvent parfois permettre de protéger efficacement des passages très exposés en montagne, là on se demande vraiment à quoi ils servent si ce n'est à abîmer cette belle classique.

Vue sur la quatrième tour. Je suis en train de traverser le couloir qui permet de gagner le pied de cette tour en sautant de bloc en bloc quand je me retrouve tout à coup sur le cul, les quatre fers en l'air...Il y a plus de peur que de mal mais je suis bien refroidi par la soudaineté de cet incident qui me rappelle que tout peut vite basculer en montagne particulièrement dans ces passages faciles où l'attention a tendance à se relâcher...


Photo Roland V.
La dalle en V de la quatrième tour. Putain de merde, j'ai mal au cul !

Roland sort de la quatrième tour.

 

Vue sur la dernière longueur  : une belle arête effilée et aérienne. Ca bouchonne encore...

 


Petite vidéo d'ambiance...

Photo Roland V.
Quand t'as peur, mets un coinceur !

Photo Roland V.

Le relais précédant cette belle traversée horizontale.

L'arête des Papillons n'aboutit pas au sommet du Peigne mais au Gendarme à 3009 m d'altitude. Notre projet initial était d'enchaîner avec la partie supérieure de la voie normale et de sortir au sommet mais nous avons perdu beaucoup trop de temps à attendre derrière les autres cordées. Il est environ 17 heures quand nous entamons la descente au pas de course pour ne pas rater la dernière benne.

Photo Roland V.
Dans la descente...

Cette Arête des Papillons est donc une très belle course de rocher qui présente de nombreux atouts : une approche extrêmement réduite, un excellent rocher et une escalade variée et intéressante dans un cadre magnifique. Elle est malheureusement victime de son succès. Cette surfréquentation gâche un peu le plaisir et peu faire carrément exploser l'horaire de la course. Mon principal regret est de ne pas avoir pu continuer l'escalade jusqu'au sommet de l'Aiguille du peigne car ça aurait vraiment donné une autre dimension à cette course...Enfin ça fait une raison pour y revenir !

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