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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 10:03

Nous revenons tout juste du Grépon et le moins que l'on puisse dire c'est que cette aventure nous a laissé des traces... Rattrapé par ses obligations professionnelles, Claude a dû rentrer chez lui. Max me propose une petite rando pépère dans les Aiguilles Rouges en compagnie de deux jeunes filles. Je me sens vraiment usé, à la fois physiquement et psychologiquement. Dormir tard, manger gras et rester au chaud dans un endroit plat et sans danger, voilà ce que me réclame mon corps avec insistance. Dans ces conditions une petite rando tranquille pour récupérer semble tout indiquée.

Mais il a un projet beaucoup moins raisonnable qui me trotte dans la tête : Julien, Jelena, Tancrède et Antoine sont dans l'Envers des Aiguilles en train d'ouvrir des highlines alpines. Après à peine une journée de repos, je ne suis clairement pas en état mais c'est une occasion unique de participer à quelque chose de beau, de grand. Alors tant pis si le corps rechigne, moins de quarante heures après en être descendu complètement laminé, je rembarque dans le petit train du Montenvers avec mes vêtements encore gorgés de l'eau de la tempête que nous avons essuyée l'avant-veille.

 

La Brèche de Trélaporte (Topo ici)

 

La marche d'approche est éprouvante, j'ai les jambes qui brûlent et le dos qui me fait savoir avec véhémence qu'il en a marre des gros sacs...Depuis la Mer de Glace, je repère une brèche magnifique et imposante. Sa situation semble correspondre parfaitement avec les indications de Julien mais je me demande si c'est bien ça car vu d'ici elle paraît vraiment très large. Une fois un peu plus près je distingue comme une fine rayure sur l'azur, puis un petit point rouge qui se déplace dans le ciel : c'est bien ça, putain il fallait oser quand même !

 

P1000483                     Vue sur la Brèche avec le doigt de Trélaporte dressé comme un phallus turgescent

 

              Julien et Tancrède font le spectacle : bon ça a l'air facile en fait...

 

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Me voilà au pied du mur : Nom de Dieu c'est long, j'ai peur, j'ai mal aux jambes, qu'est ce que je fous là ?!! (photo Antoine)

  

          Et voilà ce qui se passe quand on est pas au niveau...(vidéo Antoine)

 

Avec ses 28 mètres, cette ligne est clairement beaucoup trop longue pour moi. Je ne dépasse pas les trois pas et subi chute sur chute. Après une dizaine d'essais, j'ai mon compte et deux belles brûlures derrière les genoux en cadeau !...

La highline est une discipline exigeante, il est quasi impossible de traverser plus du tiers de la distance que l’on maîtrise au sol. S’attaquer à trop long, c’est s’engager dans un combat inégal et s’exposer à une douloureuse correction mais c'est aussi une étape nécessaire pour progresser. Le tout est d’apprendre à se connaître suffisamment pour être capable de faire la différence entre dépassement de soi et autopunition masochiste.

 

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     La vue depuis notre hôtel à un milliard d'étoiles...    

Nous installons notre bivouac quelques centaines de mètres en contrebas du refuge de l'Envers des Aiguilles. Le lendemain il y aura deux groupes : Tancrède et Antoine ont prévu d'emprunter la voie Marchand de Sable pour atteindre le sommet de la Tour Rouge où une highline prometteuse attend d’être déflorée, tandis que Jelena et Julien vont grimper à une distance suffisante pour ne pas être tentés de faire la highline et s'assurer ainsi d'être rentrés à temps pour attraper le dernier train du Montenvers.

Il me reste à choisir mon camp. Si je pars avec Antoine et Tancrède, les prévisions météo me garantissent d’être aux premières loges, quelque part entre le sommet de la Tour Rouge et Chamonix, pour assister à l’apocalypse. Subir à nouveau une tempête en haute montagne ne m’enchante guère mais c’est loin d’être suffisant pour me démotiver : ouvrir une ligne vierge dans ce cadre grandiose, je ne peux pas manquer une opportunité pareille !

Cependant m’imposer comme ça au dernier moment ne me rend pas très à l’aise d’autant plus que je risque d'être un boulet pour mes deux camarades : mon niveau d'escalade est limite pour la voie qu'ils envisagent, ce n’est sûrement pas moi qui vais leur apprendre à installer une highline et je ne sais pas trop comment mon organisme va réagir à cette accumulation de fatigue...Antoine coupera court à mes inquiétudes en une phrase : "Si t'es vraiment motivé pour venir avec nous, tu viens et puis c'est tout, te prends pas la tête pour le reste". Bon vu comme ça c'est aussi limpide que l'eau qui s'étale sur les rochers polis à proximité de notre bivouac : Let's go !

 

La Tour Rouge (topo ici)

 

P1000375                    Photo du site de highline de la Tour Rouge prise depuis la voie normale de l'Aiguille de Roc.

 

P1000528                      Lumières matinales sur le Grépon...

 

Nous nous mettons en route vers 7 heures, face à nous le sommet du Grépon intercepte les premiers rayons du soleil. Je ne peux détacher mon regard de la minuscule mais pourtant bien visible dépression juste à sa gauche : la Brèche de Balfour qui me rappelle que j’étais assez faible pour m’arrêter si près du sommet par deux fois…

Arrivés en vue de notre voie, nous nous rendons compte que nous avions occulté un paramètre fondamental : la fréquentation. On est dimanche et cette voie est une grande classique, il y a déjà deux cordées engagées dans les premières longueurs, une troisième attend au pied tandis qu’une quatrième, encore sur le glacier, semble s’y diriger. On va perdre des heures, ce n’est pas gérable.

Quelques dizaines de mètres sur la gauche, il y a une autre voie plus difficile, mais déserte. L’attaque est raide, impressionnante et aucun équipement en place n’est visible. Avec le matériel de highline sur le dos, ça risque de tourner en une vraie galère en bonne partie à cause de moi qui vais forcément traîner la patte. Pour me déculpabiliser, je propose une solution de repli : passer par Grépon - Mer de Glace et traverser jusqu’à la Tour Rouge, exactement l’itinéraire que j’ai emprunté il y a quelques jours. Antoine qui y retourne pour la quatrième fois est d’humeur grincheuse mais c’est la meilleure alternative que nous ayons.

 
 
 
 
Quelques images de l'escalade et de l'équipement (désolé mon ordi refusant catégoriquement de faire du montage vidéo c'est encore des séquences collées à l'arrache) Vidéo Tancrède.
 
A corde  tendue derrière un Antoine aussi furieux qu'efficace, nous mettons à peine une heure pour gravir les 300 mètres entre la rimaye et la brèche de la Tour Rouge. En refaisant la même escalade que quelques jours auparavant mais en grosses et trois fois plus vite, je me dis qu'avoir un bon guide qui connait bien la voie devant facilite considérablement les choses...
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                      Sur l'arête de la Tour Rouge...

 

Après une petite heure de traversée d'arête aventureuse sur le fil de la Tour Rouge, nous gagnons une vaste plateforme. Le site de highline parfait s'offre à notre regard : la terrasse sur laquelle nous nous tenons s'arrête net sur le vide, comme tranchée au couteau, à une quinzaine de mètres une magnifique tour de granite lui fait face, derrière droit dans l'axe, les Jorasses dressent leur monumentale face Nord, à droite les fines draperies des Périades, la Dent du Géant, les séracs du Glacier du Tacul, la Dent du Requin, à gauche, le Moine, la Verte, les Drus...Le panthéon des grands sommets chamoniards est réuni quasi au complet en un amphithéâtre grandiose.

 

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                      L'équipement : Antoine fait chauffer le tamponnoir assisté par Tancrède.

 

Il est désormais temps de réfléchir vite et bien pour honorer dignement ce site exceptionnel avec la plus belle ligne possible. Tancrède et moi sommes rapidement conquis par la solution la plus évidente : partir de l'angle de la terrasse du coté le plus ouvert sur le vide pour aller taper en face sur l'éperon de la Tour. Nous sommes déjà prêt à sortir le tamponnoir quand Antoine nous impose un moment de réflexion supplémentaire : "Attendez les gars, ce qu'on fait là ça va rester, alors il faut prendre le temps, faire de notre mieux pour laisser quelque chose de vraiment beau". Il nous soumet une autre possibilité : partir d'un gros bloc, à droite et en retrait par rapport à la terrasse, ce qui permettrait d'ouvrir une ligne plus longue et plus aérienne. Cependant celle-ci serait très exposée à cause de l'angle de la terrasse à proximité. Désormais sûrs de notre choix, nous revenons donc à notre première idée qui apparaît être la plus logique et esthétique. Il ne nous reste plus qu'à évaluer au mieux à quelle hauteur exacte placer les points pour obtenir une ligne parfaitement plane : en faisant la moyenne de nos estimations respectives, nous obtenons un très bon résultat.

Pendant que mes camarades s'occupent de la pose des points sur l'éperon de la tour, je m'octroie un moment de repos sur la grande terrasse. L'atmosphère est calme, sans un souffle d'air, le soleil est radieux, tel un touriste sur une plage de la Côte d'Azur je fais bronzette en caleçon, allongé sur le rocher chaud. J'ai un peu honte de me délasser de la sorte pendant que mes camarades triment mais je sens que j'ai vraiment besoin de ce moment de détente. Pas seulement pour reposer mes membres las mais aussi et surtout pour faire la paix avec cette montagne qui m'a fait vivre des moments terribles il y a juste quelques jours. J'ai besoin de la sentir amie, d'obtenir une sorte de consentement tacite de sa part afin d'être suffisamment en confiance pour pouvoir slacker.

Niveau matériel nous avons le minimum vital : tout juste le nécessaire en sangles et mousquetons, pas de line lock (ce qui nous contraindra à un petit bricolage avec mon vieux mousqueton trouvé dans un canyon)...Mais à 13 heures la ligne est fin prête, tendue juste ce qu'il faut à l'aide "d'un simple" (mouflage rudimentaire utilisant le surplus de sangle), la tension est repartie sur 2 spits de 10 mm de chaque côté et le tout est sécurisé par quelques friends et béquets en backup.

 

 A propos de l'utilisation des spits : Je sais que certains ont critiqué le fait que des spits aient été employés lors de ces ouvertures de highlines dans le Massif du Mont-Blanc. Je pense qu'il y a effectivement lieu de s'interroger : poser un spit en haute montagne est un acte qui ne devrait jamais être considéré comme anodin. On perce le rocher pour y enfoncer une tige métallique, c'est une dégradation certes minime mais irréversible. A mon avis la pose d'un spit ne se justifie que lorsque celui-ci apparaît comme l'unique solution permettant d'ouvrir une possibilité réellement intéressante dans des conditions de sécurité acceptable. Le problème est que trop souvent on perce le rocher pour ouvrir des voies sans caractère, pour s'éviter une réflexion sur l'itinéraire ou les possibilités de protection naturelle ou encore pour échapper à la part de risque inhérente au milieu montagnard.

Si on pose les choses objectivement dans notre cas précis, il apparaît qu'en une saison, une petite équipe de passionnés a ouvert des perspectives énormes pour les highliners du monde entier. Avant leur passage il y avait une seule ligne moyennement intéressante dans tout le massif du Mont-Blanc, désormais il y en a au moins cinq de plus, toutes magnifiques et certaines d'une difficulté extrême. Ce qui est sûr aussi, c'est que le placement des points a été mûrement réfléchi et que leur nombre a été limité au minimum vital : pour la highline des Aiguilles du Diable qui fait plus de 45 mètres, la tension a été repartie sur seulement deux spits de 10 mm de chaque côté. Une ligne de cette taille exerce sur les amarrages des forces phénoménales proches du point de rupture du matériel, si on l'atteint, il reste certes le backup sur friends mais le risque de blessures graves est loin d'être négligeable. Ces highlines alpines restent donc des entreprises engagées, les spits n'ont pas été utilisés dans le but de s'affranchir de tout danger mais seulement de rendre ces réalisations possibles. Il est vrai que certains sites peuvent permettre d'installer des highlines exclusivement sur amarrages naturels mais ils sont rares particulièrement en haute montagne où il n'y a pas d'arbre. S'interdire l'utilisation des spits reviendrait donc à se priver de la quasi-totalité du potentiel alpin.

Je peux donc, sans faire un grand écart de conscience, être fier des quelques coups de marteau que j'ai donné à la Tour Rouge et continuer à critiquer les milliers de spits mal placés et inutiles qui défigurent nombre de belles voies classiques et ne sont que le reflet de l'ignorance, de l'irrespect ou de la couardise de certains.

 

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                      Premier essai, première chute...(photo Tancrède)

Mes camarades m'offrent l'immense privilège d'être le premier à essayer la ligne à laquelle nous venons de donner naissance. Assis au départ, je fixe résolument la Tour à une quinzaine de mètres de moi. J'ai la pression mais je sais que je peux le faire, que je dois le faire...Le premier essai se termine par une chute après quelques pas. Au second j'atteins le milieu. Je pense à laisser ma place mais mes compagnons m'encouragent "Si tu vas jusque là, tu vas jusqu'au bout, allez !".

Troisième essai, je répète le rituel : s'assoir sur la ligne, faire le vide, respirer profondément, lever les bras au ciel comme pour lui réclamer son soutien, puis se dresser d'un bloc en un mouvement déterminé, et enfin voler...

 

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                      Troisième essai, première traversée : le grand voyage...(photos Antoine)

Le troisième essai sera donc le bon pour moi avec au bout de la ligne une joie immense, un sentiment d'accomplissement et la petite fierté d'avoir réalisé une première.

 

                            La fin de ma première traversée (vidéo Antoine)
 
Highliner dans un site pareil est une expérience inoubliable, d'une intensité exceptionnelle. Il est difficile de trouver les mots pour décrire ces moments qui relèvent plus du voyage mystique que de l'exploit sportif.
Cet exercice exige d'atteindre un état modifié de conscience, une sorte de transe. Il s'agit d'arrêter de penser, de s'affranchir de toute activité cognitive élaborée afin de se placer en prise directe avec ses sensations. C'est un retour à la source, une expérience sensible pure, de connexion directe avec le monde durant laquelle on absorbe tout ce qui nous entoure comme un papier buvard. L'esprit cesse de divaguer dans d'autres temps, d'autres lieux, tout l'être se concentre dans l'endroit et dans l'instant. On est intensément présent à cet endroit précis, à ce moment précis, tellement rivé au cours du temps que l'on a l'impression que celui-ci s'est arrêté.
Dans cet état d'écoute, les sens acquièrent une acuité insoupçonnée, on perçoit le moindre bruit, on sent l'épaisseur de l'air, les ondes gravitationnelles deviennent palpables. Par le regard on a l'impression d'investir chaque recoin du paysage, de s'étendre jusqu'à l'horizon, de se diluer dans l'espace. Debout au milieu du vide, on a le sentiment d'avoir trouvé sa place, de s'être intégré au lieu, d'être devenu un élément à part entière de ce monde minéral. Cette connivence, ce dialogue intime qui s'établit avec le lieu fait de chaque highline une expérience unique : plus le paysage est puissant, plus la ligne sera chargée d'émotions, ici dans le Massif du Mont Blanc, celles-ci atteignent un paroxysme.
La highline est aussi une confrontation avec soi-même. Ce qui fait toute la différence avec le funambulisme classique c'est que le morceau de tissu de 2.5 cm de large qui nous relie au monde n'est pas inerte mais dynamique. Tel un miroir il nous renvoie chacune de nos peurs, chacun de nos doutes. Durant une traversée il y a des moments de lutte pendant lesquels la sangle s'anime de tremblements incontrôlés en écho à l'emballement de nos émotions et des moments où tout semble couler de source, où l'on se sent entrainé par un mouvement plus ample, où l'on avance sans efforts aussi naturellement que le glacier qui s'écoule vers la plaine. Lorsqu'on trouve cet accord est pris d'une extase comparable à celle d'un musicien emporté par le flot de la mélodie.
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                         Tancrède au départ...

 

Différentes vues sur la Highline (Vidéo Tancrède)

 

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                                             Antoine...

 

 Antoine envoie du lourd !...(Vidéo Tancrède)
 
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                                           Un sommet méconnu : le Pic Tancrède !

 

On comprend pourquoi il ne faut jamais regarder ses pieds en highline ! (Vidéo Tancrède)
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                        Dixit Julien "une ligne ça a deux sens". Au boulot pour le retour alors ! (Photo Antoine) 

 

Un peu plus serein je me hasarde à poser une petite figure (Vidéo Tancrède)

 

Nous serions bien resté ici à slacker jusqu'au couché du soleil mais le ciel s'est chargé de gros nuages menaçants : il est grand temps de lever le camp. Un peu avant 16 h tout est démonté et nous partons à la recherche des rappels de la voie Marchand de sable que nous allons emprunter à la descente faute d'avoir pu l'escalader.

 

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Tancrède fixe d'un regard soucieux la mauvaise sangle qui nous sert de relais, Antoine en terrain d'av' teigneux au second plan...

 

Antoine, notre guide de service, a tiré le premier rappel trop à droite. Il en sera quitte pour une désescalade délicate suivie de l'ascension d'une fissure teigneuse : du bon sixième degré, en grosses et sur du rocher complètement pourri.  Antoine saura apprécier ce passage super expo qu'il qualifiera de "formateur" tandis que Tancrède et moi apprécierons surtout d'être derrière !...

 

Les rappels, ne pas manquer le gros coup de talon que Tancrède me faut dans la gueule à 1:02...(vidéo Tancrède)

 

Une fois les affaires récupérées au pied du glacier, nous engageons une véritable course poursuite avec le mauvais temps. J'ai eu beau faire preuve d'une ultime lâcheté en laissant mes camarades porter le plus gros du matériel, j'ai bien dû mal à les suivre tandis qu'ils déballent le sentier à toute vitesse. Cependant les nuages seront plus rapides que nous : à la sortie des échelles du Montenvers la tourmente s'abat sur nous. C'est sous des trombes d'eau et sur des sentiers transformés en torrents que nous regagnons Chamonix. Il fait nuit noire quand, trempés jusqu'aux os, nous retrouvons enfin la civilisation, je suis dans un état de fatigue apocalyptique. Comme toute histoire qui se finit bien celle-ci se terminera au Bélouga par une orgie de bouffe bien méritée.

 

Après l'expérience fondatrice de la Dent du Géant, les cinq lignes qui ont été ouvertes cet été dans le massif du Mont Blanc marquent l'émergence d'une nouvelle discipline : la highline alpine que Seb Montaz a joliment baptisé "skyline". Ajouter la difficulté de l'accès, la complexité des repérages, la rudesse du climat montagnard et la magnificence de ses paysages à une discipline déjà extrêmement riche a donné naissance à un nouvel art du vide. Dans ce domaine il reste encore tout à faire et les années à venir seront certainement propices à de nombreuses ouvertures, espérons que celles-ci sauront préserver l'esprit et la pureté dont sont empreintes toutes les réalisations de cet été.

Je pensais que le temps des pionniers était depuis longtemps révolu dans nos montagnes, j'étais bien loin d'imaginer que j'aurais un jour l'opportunité de réaliser une première. Pour un highliner médiocre comme moi, participer à une telle aventure a été une chance incroyable. Je ne pourrais jamais assez remercier mes camarades pour m'avoir accordé leur confiance et m'avoir ainsi permis de vivre cette expérience inoubliable. J'espère que les répétiteurs seront nombreux et qu'ils ressentiront la même exaltation que nous en découvrant le joyau qui se cache derrière la Tour Rouge.

 

 

Pour ceux qui auraient manqué ces images exceptionnelles j'ajoute le film de Seb Montaz "Skyliners" :

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Published by Rémi D. - dans Slackline
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commentaires

damien 07/12/2010 17:45


ton récit est top! vraiment sympa. tu retranscris à merveille des sensations partagées. bien envie de partir en montagne avec toi!


Rémi D. 14/12/2010 14:48



Content que mon récit trouve écho dans ton expérience personnelle ! Pour une virée en montagne, ben c'est quand tu veux ça me ferait bien plaisir aussi !



tancrède 03/12/2010 19:50


Super récit rémi!