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15 avril 2009 3 15 /04 /avril /2009 09:50

Tout a commencé par un coup de fil de Tof : "Regarde sur Camp to Camp la voie du Chourum au Grand Ferrand, ça a l'air super classe ! - Le chou quoi ? et c'est où ? - Chourum...c'est pas loin de la Jarjatte" .
Au début, j'avoue que j'étais un peu incrédule...Existerait il vraiment une belle voie accessible dans le Vercors qui ait échappé à mes recherches systématiques ? En consultant C2C je comprends mieux : Le Grand Ferrand n'est pas dans le Vercors mais dans le Dévoluy, massif dont j'avais presque oublié jusqu'à l'existence...Et effectivement après avoir vu deux ou trois photos sur C2C, je suis conquis...j'ai envie d'y aller et vite, du coup ce sera le dimanche qui suit.

Le rendez vous pour le départ est fixé à 3 H 45 et comme j'étais de soirée la veille, la nuit est encore très courte. L'équipe est constituée de Tof, mon frangin, Mathieu et moi-même.


Tracé général et de détail de la voie...Un itinéraire atypique et diablement esthétique !

Vers 7 heures, nous sommes sur la piste qui mène à la Cabane Pastorale. Le topo de C2C indique que cette piste est carrossable quand elle est sèche. Elle est effectivement sèche mais avec la Clio de Tof chargée à bloc ça ne passe pas. On entame donc la montée à pied...
Après environ un quart d'heure de marche on se fait doubler par un 4x4...Quand on arrive à la Cabane Pastorale les occupants du 4x4 on eu tout le loisir de s'équiper tranquillement, ils sortent leurs skis de rando flambant neufs et partent en glissant sans effort sur la neige.


Quant à nous, nous n'avons pas de skis et nous n'avons pas pris de raquettes : lors des deux dernières courses, j'ai pu profiter d'une neige bien transformée qui porte bien et j'ai naïvement cru qu'il en serait de même aujourd'hui. Le problème est qu'il fait beaucoup plus chaud qu'il y a quelques semaines et la neige a beau être bien transformée, on s'y enfonce comme dans des sables mouvants. A partir de là c'est une bavante mémorable qui commence....


On essaye de suivre au maximum les crêtes où l'épaisseur de neige est moindre mais on est obligé de passer dans des vallons et à chaque fois il faut se battre mètre par mètre. On souffre tous les 4 mais pour mon frangin et pour Mathieu qui sont un peu moins habitués c'est pire. L'heure tourne et il faut absolument qu'on avance...Comme Mathieu n'est pas loin de l'agonie et que j'ai de l'énergie à revendre, je le soulage de son sac pour une partie de la montée.

A l'entrée du Chourum Olympique, il n'y a plus que Tof qui suit...Les deux autres on peut les apercevoir dans l'ombre en haut et au centre de la photo. Ils ont succombé dans la dernière partie de l'approche qui fut de loin la plus éprouvante. On avait fait l'erreur de chausser les crampons trop tôt et sur cette neige ça n'a pas pardonné : bottage au taqué ! Essaye donc de progresser dans une pente raide sur de la neige qui s'affaisse avec en plus des sabots de neige de 2 kilos à chaque pied !
Ce qui est con c'est qu'ils y étaient presque, il devait rester peut être 50 mètres de dénivelé sur 150 mètres de distance avant d'arriver au Chourum...Mais bon il était déjà bien tard et ils avaient de telles mines que je n'ai pas trop insisté. J'avoue qu'en même temps j'étais bien content de me débarrasser du sac de Mathieu qui pesait comme un âne mort...

Quand Tof me rejoint dans le Chourum, il est 11 heures passés...Vu comme le soleil tape depuis ce matin sur les pentes de neige raides que nous allons devoir remonter, on a intérêt à ne pas traîner...dans quelques heures le coin sera aussi sûr que les rues de Bagdad !
Par contre ça n'a pas l'air bien dur techniquement...Je pose donc la question à Tof "Tu veux qu'on s'encorde ou on y va Banzaï ? - Banzaï  ! - Ok let's go, Rock and Roll !"



La sortie du Chourum se fait sur des pentes de neige raides à environ 50-55°. C'est impressionant mais ça passe bien.


Un peu plus haut...c'est du grand spectacle !

L'entrée du second Chorum, pleine de mystères...








Dans le second Chorum, ben je crois que ça se passe de commentaires...

Le passage raide du second Chorum qui par plus faible enneigement peut nésseciter un peu d'escalade mixte. Aujourd'hui tout est recouvert de neige, c'est gâteau !

Ensuite ça à l'air de passer dans ce petit trou...Merde où est-ce que ça va nous mener ??


A la sortie du trou, une énorme corniche...Magnifique mais vaut mieux pas rester dessous trop longtemps !

Voilà de où on sort !




Panorama du sommet, le Dévoluy ça a de la gueule quand même !

C'est pas tout ça mais il va falloir penser à la descente. On est cassé mais il va falloir rester prudents...

L'itinéraire de descente passe par le Pas de la Cloche. On pense pouvoir rejoindre celui-ci en suivant l'arête...Grave erreur ! On se trouve rapidement devant des passages techniques et l'on doit vite se rendre à l'évidence : il fallait descendre plus bas pour remonter au pas de la cloche de l'autre côté de la grosse tour rocheuse que l'on voit sur la photo...Nous en serons quitte pour une désescalade très exposée sur du rocher pourri, sans aucun doute le passage le plus délicat de la course.
Ensuite il faut encore remonter au Pas de la Cloche, puis subir la longue descente jusqu'à la Cabane Pastorale. Nous sommes en train de nous traîner dans la poudreuse quand un fracas du tonnerre nous fait tourner la tête vers la face Est que nous avons gravie : Une énorme coulée est en train de balayer toute la vire Olympique juste à la droite du Chourum, ça déballe de partout...Il fait pas bon traîner dans le coin l'après midi !
Quand nous rejoignons enfin nos deux camarades, en train de pique niquer tranquillement devant la cabane, nous sommes littéralement épuisés, nous ressemblons à des pantins désarticulés se traînant dans la neige...

Bien qu'il n'y avait rien de très existant techniquement, ce fut une course vraiment superbe esthétiquement avec une ambiance bien particulière du fait des passages dans les chourum. On s'est quand même bien fait avoir par la neige, ça nous servira de leçon : mieux vaut porter les raquettes dans le sac pour rien que de ne pas les avoir quand il y en a besoin ! Seul regret : avoir dû abandonner la moitié de la cordée en cours de route...On pourra revenir tous ensemble l'année prochaine et se faire le sommet à skis, ça sera une belle revanche !
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