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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 15:05

Il y a quelques années, debout au sommet du Grand Veymont je contemplais le fil des balcons Est qui semblait se dérouler à l'infini vers le Nord quand j'ai eu cette idée : suivre intégralement le fil de cette arête de Grenoble jusqu'au sommet sur lequel je me tenais. C'est un itinéraire qui promettait des dizaines de kilomètres de terrain accidenté quasi en totalité en hors sentier et sans point d'eau.

Malgré des recherches assez poussées, je n'ai trouvé aucun récit, aucun topo décrivant ce parcours intégralement ce qui n'a fait qu'aiguiser ma curiosité. Depuis j'ai programmé cette sortie à plusieurs reprises mais il a fallu à chaque fois y renoncer à cause des conditions météo ou faute de compagnons.

Puis est arrivé cet affreux mois de mai. Après deux semaines sans un rayon de soleil, dans un état de dépression avancé je me suis dit qu'une immersion prolongée en milieu hostile était exactement ce dont j'avais besoin quitte à subir une météo exécrable et à y aller seul. J'ai tout de même trouvé parmi mes amis deux compagnons - Claude et Christophe - assez débiles pour m'accompagner alors que les prévisions météos ne pouvaient guère être plus défavorables.

 

JOUR 1

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                       Bouclage des sacs sur le parking de Saint Nizier du Moucherotte...

 

Alors que la pluie ne nous a pas quitté pendant tout le trajet, nous avons la bonne surprise de profiter d'une accalmie pour boucler nos sacs. Nous hâtons donc le pas en direction des Trois Pucelles qui constituent l'extrémité septentrionale de l'arête Est du Vercors et le point de départ de notre grande chevauché.

 

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L'arête des Trois Pucelles, le parcours Honneger que nous avons effectué commence au petit col de droite et se termine sur le petit replat boisé appelé "salle à manger".

 

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                          Rappel pour atteindre le couloir Honneger et gagner le col à l'angle Nord de la Grande Pucelle

 

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A la sortie de la longueur en 4c qui permet de gagner le sommet de la Grande pucelle : 2 ans après s'être fait broyé la jambe par un gros bloc, Claude est de retour au top niveau !

 

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                              Vue arrière sur la Dent Gérard

 

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                                          Avant le rappel qui permet de franchir une petite dépression de l'arête

 

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                                               Un peu d'ambiance avec le brouillard

 

Après cette sympathique mise en jambe nous continuons en direction du sommet du Moucherotte.

 

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                       Sur l'arête à la descente du Moucherotte : désormais la pluie et le brouillard ne nous lâcheront plus...

 

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Le trou Saint Michel : Il suffit maintenant de prendre plein Ouest pour trouver l'abri des Ramées dans le brouillard.

 

Entre l'allumage du feu, la préparation des boissons à partir de neige de névé et  la cuisine, nous passerons une soirée bien remplie, entièrement occupée à gérer le nécessaire.

 

JOUR 2

 

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                              Au matin du deuxième jour départ en plein brouillard et sous la neige...

 

Les quelques kilomètres en hors sentier sur la crête jusqu'au sommet du Pic Saint Michel nous prennent un temps fou. Des zones de lapiaz alternent avec des boisements denses et des gros névés, dans le brouillard et sous la neige c'est la vraie galère...

 

2 02

                                 Sommet du Pic Saint Michel.

 

Quand nous arrivons au col de l'Arc la journée est bien entamée et les conditions météos sont de pire en pire. Nous nous résignons donc à quitter le fil de l'arête et à rejoindre le sentier des balcons Est en direction du Roc Cornafion.

 

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                                      "Ne l'emprunter que par beau temps sec"...

 

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Petit passage dans une grotte sur le sentier des balcons Est...

 

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                                        Escalade facile jusqu'au sommet du Roc Cornafion.

 

Une fois au sommet du Roc Cornafion se pose la question de la descente, nous n'avons aucune info précise et le brouillard limite la visibilité à quelques mètres...

 

2 09

                  Merde ça n'a pas l'aire de passer par l'arête Sud !...

 

Après un essai infructueux par l'arête Sud qui nous a parue trop délicate à désescalader dans le brouillard, nous rebroussons chemin jusqu'au sommet. Je m'engage au hasard dans un couloir neigeux qui descend versant Ouest, il est interrompu par une barre rocheuse mais il y a un rappel équipé de pitons en rive gauche. Ce relais est en plein vent et j'ai les mains qui gèlent pendant que je m'évertue à démêler la corde tout en me demandant si elle sera suffisamment longue...En bas de ce rappel nous prenons pied dans un autre couloir raide que Christophe part explorer pendant que j'essaye de faire revivre mes mains.

 

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                                 Christophe a trouvé un deuxième rappel...

 

Après ce deuxième rappel nous sommes hors de danger mais il nous reste à trouver la Cabane de Roybon dans le brouillard. Ce n'est que grâce aux talents d'orientation de Claude que nous y parviendrons après avoir longuement erré dans le blanc total.

Christophe fera preuve d'une remarquable ténacité pour allumer le feu avec du bois mouillé et quelques feuilles de papier journal mais malgré ses efforts nous n'aurons le droit qu'à une courte flambée. Du coup le lendemain nos affaires sont encore trempées mais il faut remettre les chaussures gorgées d'eau et sortir dans la tourmente qui ne fait que s'empirer.

Après une petite montée jusqu'au Col Vert nous entamons la traversée des rochers du Ranc des Agnelons.

 

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                                Sur la crête des Agnelons : y paraît qu'on est au mois de mai !...

 

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                      Sur l'arête nous sommes assaillis par le vent et la neige, la visibilité est réduite à quelques mètres.

 

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Arrivée à la Double Brèche. La traînée blanche verticale que l'on distingue au tiers gauche de la photo est une cascade de glace descendant des arêtes du Gerbier...

 

Quand nous atteignons les arêtes du Gerbier l'après midi est déjà bien avancé et les conditions sont vraiment trop sévères au vu de notre équipement (un piolet pour trois, pas de crampons, pas de gants chauds...). Nous décidons donc de mettre un terme à l'aventure à cet endroit et nous descendons sur Prélenfrey. Notre copain Pierrrot nous récupérera sur la route en piteux état. Au programme de la soirée grosse bouffe au resto et dodo au sec !

 

Nous n'avons finalement réalisé qu'une petite partie de l'itinéraire que nous avions prévu initialement mais vu les conditions je trouve que nous nous sommes quand même bien battu. Il faudra donc revenir pour achever ce projet lorsque les conditions seront un peu plus clémentes.

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Published by Rémi D. - dans Trek
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